Ce mois-ci c’est… YOUNG-ADULT : semaine 2

cemoisci

Soyez les bienvenus sur cette première session du « Ce mois-ci c’est… » !

Le but de ce RDV : mettre à l’honneur un roman, une saga, un auteur, un genre, une maison d’édition ou que sais-je sur le blog, et ce, pendant un mois, à raison d’un article par semaine qui sera publié le dimanche pour 3 à 4 articles dans le mois, cela dépendra du thème et de mon inspiration.

Pour ce premier thème, j’ai choisi de vous parler de Young-Adult ! Il y a quelques mois, je vous ai parlé de mon travail autonome qui avait pour thème « La littérature pour jeunes adultes : un genre entre deux mondes » et j’ai donc voulu vous partager le fruit de mon travail .

Voici donc ce que je vous prépare pour ce premier mois à thème :
Semaine 1 : Définition et Historique
Semaine 2 : Interview de Cindy van Wilder faite dans le cadre de mon travail
Semaine 3 : Mes incontournables du genre

Interview de Cindy van Wilder faite dans le cadre de mon travail

Qui est Cindy Van Wilder ?

Née en 1983 en Belgique, Cindy Van Wilder est une jeune auteure qui travaille actuellement comme traductrice. Son premier livre a été publié en 2014 par les éditions Gulf Stream qui inaugure avec la trilogie Les Outrepasseurs sa nouvelle ligne éditoriale axée pour les jeunes adultes.

En mai 2014, Cindy Van Wilder a gagné le prix Imaginales dans la catégorie Jeunesse avec le premier tome de sa trilogie.

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L’Interview

Quelle est ton opinion sur la littérature pour jeunes adultes et que penses-tu de cet engouement actuel autour de cette littérature ?

J’ai récemment dit sur Twitter que le « Young-Adult » (YA dans la suite de l’interview)/littérature pour jeunes adultes comme on la définit maintenant est en fait ce que je lis le plus souvent. Ce qui est assez ironique car quand j’étais adolescente, je suis très vite passée de la littérature jeunesse à celle destinée aux « adultes » de ma bibliothèque.

Je pense que si le YA avait existé à ce moment-là, j’aurais agi autrement. Car j’ai rarement vu plus de diversité, plus d’imagination, plus de fraîcheur que dans le YA d’aujourd’hui. Aussi je comprends tout à fait l’engouement que cela suscite, non seulement auprès des adolescents, mais aussi auprès du public de tout âge (dont je fais partie d’ailleurs).

Pour moi, ce qui est une des grandes forces du YA c’est cette universalité à laquelle la plupart des romans appartenant à ce genre peuvent aspirer. Bien entendu, la grande majorité des histoires mettent en scène des adolescents, bien entendu, les thématiques abordées les concernent de prime abord. Mais au-delà de ces aspects, je pense que tout lecteur peut y trouver son compte. D’abord parce que les questions posées par le YA, les réflexions par ex. sur l’identité, l’indépendance, l’amour ou encore l’amitié, nous concernent aussi en tant qu’adultes. Ensuite parce que comme je l’ai dit plus haut, il y a une grande fraîcheur, une grande inventivité dans la plupart des histoires que j’ai eu le plaisir de lire et c’est un trait de caractère qui ne peut pas laisser indifférent, à mon sens.

Enfin, je pense qu’en tant que lecteur, on recherche l’évasion, le délassement, l’envie de s’imaginer ailleurs pendant un moment et c’est ce qu’offre aussi le YA, qu’il demeure contemporain ou qu’il parte dans des mondes imaginaires.

Certains disent que cet engouement est simplement dû à un effet de mode et que ce genre de littérature n’a pas d’avenir sur le long terme. Qu’en penses-tu ?

Si on passe outre les critères strictement commerciaux comme par ex. combien de romans classés/considérés comme YA sont publiés chaque mois (et j’y inclus les anglophones, vu que j’en lis pas mal aussi et que soyons clairs, ils dominent le marché) ainsi que les chiffres de vente concernant le YA (et c’est visible aussi bien du côté anglophone que francophone, les chiffres sont tous les deux en hausse, on a même enregistré des records à ce sujet)…

On devrait pour moi définir ce qu’est une mode littéraire et me pointer du doigt un exemple concret en me disant par ex. « voilà, tel genre est né à un tel moment, a connu son heure de gloire à telle époque et ensuite est mort de sa belle mort à telle date ».

Bizarrement, je n’en vois aucun, d’exemple de ce genre.

Donc concernant cet « effet de mode » que certains aiment nous pointer du doigt – bizarrement aussi, ca va souvent de pair avec un certain succès auprès du lectorat, n’est-ce pas !) je dirais qu’on fiche un peu la paix aux lecteurs et qu’ils choisissent en toute liberté ce qu’ils ont envie de lire, que ce soit des nouvelles, des poèmes, des romans YA ou pas, des autobiographies… Bref, vive la diversité et surtout la liberté d’opinion.

Justement, en ce qui concerne les ventes, comment comprends-tu que les ventes soient en hausse alors qu’on nous serine partout que les gens, et plus spécialement les jeunes lisent de moins en moins ?

Peut-être justement parce que c’est faux ?

Je vais parler à mon humble échelle, n’étant pas omnisciente, mais quand je fais des salons, des séances de dédicace… Ce sont souvent des jeunes que je rencontre. Et sans demander son âge à chacun, je pense des lecteurs entre 15 et 24 ans.

Précisément la tranche d’âge qui se retrouve le plus souvent « fustigée » et pointée du doigt dans les sondages. Je pense aussi qu’il y a un décalage parfois important entre ce qu’on peut penser des lecteurs et ce qu’ils sont réellement. Personnellement, peu importe leur âge d’ailleurs, mais les lecteurs m’épatent. Et pour en revenir aux jeunes – j’utilise le terme de manière large – il y a là-dedans un dynamisme, une énergie que je trouve vraiment géniaux. Que ce soit dans les blogs, les communautés virtuelles, les booktubeurs (ceux qui tournent des vidéos), franchement, je suis épatée ! Pas sûre qu’à l’âge de la plupart de ces lecteurs, j’aurais eu cette envie de partager et cette motivation

Bien, passons à Madame Cindy Van Wilder en tant qu’auteure… Lorsque les idées ont commencé à germer pour ton roman Les Outrepasseurs, est-ce que c’était une évidence pour toi que tu écrirais du YA ? Ou est-ce venu au moment de l’écriture ? Ou, au contraire, l’as-tu écris sans viser un public précis ?

J’ai toujours dit qu’en ce qui concerne les Outrepasseurs, je l’ai écrit sans public précis en tête. Peter, qui est quand même mon narrateur principal, est un adolescent parce que j’aime exploiter le point de vue de la jeunesse, et même si j’emprunte d’autres points de vue par la suite, des personnages adultes, je reviens toujours à Peter et aux autres points de vue « jeunes » parce que ce sont eux qui me posent le plus de défis et que j’adore ça.

Du coup, explique-moi comment Les Outrepasseurs s’est retrouvé publié dans une maison d’édition axée jeunesse ? Comment s’est passé ta recherche d’un éditeur ? Est-ce que tu l’as également envoyé à des maisons d’éditions plus axées dans la littérature adulte ?

Donc pour la recherche d’éditeur, oui, j’ai commencé par des maisons SFFF (ndlr : Science-Fiction, Fantasy Fantastique, soit les trois genres principaux de la littérature de l’imaginaire), portées donc sur l’imaginaire, et si certaines avaient une collection jeunesse, je n’y pensais pas forcément pour les Outrepasseurs.

Puis un coup de pouce du destin est intervenu, et a pris la forme d’une amie de coeur et de plume, qui recueillait des réponses auprès des maisons d’édition qui acceptent l’imaginaire dans leur catalogue, afin de créer le guide des éditeurs pour l’association Tremplins de l’Imaginaire.

Cette amie savait que je recherchais un éditeur pour les Outrepasseurs et m’a dit « Pourquoi tu n’essaies pas chez Gulf Stream Editeur ? » Je connaissais déjà cette maison d’édition, notamment pour son excellente collection « Courants Noirs » des polars historiques.

Je me suis dit « Pourquoi pas? » et j’ai envoyé. Le hasard faisant bien les choses, Gulf Stream recherchait justement à ce moment des romans pour un lectorat plus âgé que celui auxquels leurs ouvrages s’adressaient habituellement.

La directrice éditoriale, Paola Grieco, a tout de suite manifesté son intérêt pour le synopsis. Quelques mois plus tard, le « oui » tant espéré arrivait. Le début d’une belle aventure !

Pour en revenir au public… D’après tout ce que tu m’as dit, le véritable public de ton roman n’est donc pas seulement adolescent ?

Non, en effet !

J’ai d’ailleurs souvent eu des témoignages de lecteurs qui m’ont dit « je l’ai passé à ma mère/mes grands-parents car le résumé leur avait bien plu » etc.

J’ai eu des retours de lecture depuis 12 ans jusqu’à 80 et je trouve ça complètement génial.

C’est super intéressant de voir les opinions de chacun/chacune et surtout, de voir que son histoire intrigue toutes les générations. C’est un des aspects les plus passionnants dans le métier d’auteur.

Le YA fait peur aux parents et aux enseignants à cause des thèmes qui la peuple. Notamment la violence qui est omniprésente dans de nombreuses dystopies (je pense surtout à Hunger Games qui a fait couler beaucoup d’encre), mais aussi le suicide, la sexualité, la mort, la drogue ou l’homosexualité sont complètement banalisés et cela fait peur à bon nombre d’adultes. Sans parler des critiques faites à la qualité de l’écriture ou sur la vulgarité présente dans certains de ces romans. Ton avis sur tout ça ?

Je ne dirais pas que ces thèmes sont banalisés. Je pense surtout que cette peur est présente parce qu’on OSE enfin parler de ces thèmes, qu’on ose mettre des personnages qui sont différents des personnages que l’on peut rencontrer ailleurs, qui tranchent, qui posent question. Et personnellement ? C’est un des aspects que j’adore dans le YA.

Parce que oui, il faut parler de ces thèmes, oui, c’est important qu’on les mentionne et ce sans parler de pathos. J’ai dit récemment sur mon blog, qu’ado, j’aurais aimé qu’on me mette des bouquins pareils dans les mains, parce que c’est une période où j’en avais sacrément besoin ! Et je pense que c’est toujours d’actualité pour les ados de maintenant.

D’ailleurs, c’est toujours valable pour le public de maintenant. Et je m’inclus complètement dedans.

Les ouvrages YA que j’ai pu lire et qui traitent de thèmes ambigus l’ont très souvent fait avec intelligence, sensibilité, finesse et ouverture d’esprit. En quoi ces qualités pourraient-elles faire peur, je me le demande ? D’autant plus que ces mêmes ouvrages peuvent parfaitement être lus par les parents eux-mêmes (et quoi de meilleur par la suite que d’en discuter ensemble ?).

En tant qu’auteur, personnellement, je ne compte pas me censurer sur des thèmes sensibles – je pense d’ailleurs que les Outrepasseurs en sont l’illustration – et j’ai eu la chance de pouvoir compter sur le soutien de Gulf Stream sur ce point-là, d’ailleurs.

Parce que le monde n’est malheureusement pas un monde de Bisounours et que je trouve important que les auteurs puissent aussi refléter ceci dans leurs oeuvres. Alors, au lieu d’avoir peur, au point de censurer certains ouvrages (et oui malheureusement cela se fait!) de mettre des oeillères qui sont démodées, voire dangereuses, au contraire parlons-en. Entamons le dialogue. Et si c’est autour d’un bouquin que cette rencontre se fait… quel meilleur cadeau pour un auteur ?

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Publié le 11/10/2015, dans Bla Bla de Blogueuse, Ce Mois-ci c'est..., Interviews, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

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