Ce mois-ci c’est… EDITIONS ARTALYS : semaine 2

cemoisci

Soyez les bienvenus sur cette seconde session du « Ce mois-ci c’est… » !

Le but de ce RDV : mettre à l’honneur un roman, une saga, un auteur, un genre, une maison d’édition ou que sais-je sur le blog, et ce, pendant un mois, à raison d’un article par semaine qui sera publié le dimanche.

Pour ce second thème, j’ai choisi de mettre à l’honneur une petite maison d’édition qui me tient particulièrement à coeur puisque c’est la toute première à m’avoir permis d’être partenaire. Mes premiers SP, c’est aux éditions Artalys que je les dois ! Et encore aujourd’hui, Serge Papillon continue à me faire confiance et à me permettre de découvrir les magnifiques titres qui font sa maison d’édition.

Voici donc ce que je vous prépare pour ce second mois à thème :
Semaine 1 : Présentation des éditions Artalys
Semaine 2 : Interview de Serge Papillon, créateur de la ME
Semaine 3 : Interview de Frédérique Arnould, auteure de la trilogie La Guerrière d’Argalone
Semaine 4 : Mes coups de coeur de la ME

Interview de Serge Papillon, créateur de la maison d’édition

Des Livres en Pagaille : Merci beaucoup d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour mon mois dédié aux éditions Artalys. Pourriez-vous vous présenter à mes lecteurs et présenter votre maison d’édition le tout en quelques mots ?

Serge Papillon : C’est le plus difficile pour moi de parler de moi et de ma maison d’édition. Sur moi, il n’y a pas grand-chose à dire, donc je vais plutôt présenter Artalys. J’ai créé les éditions Artalys ont été créées en février 2011 pour publier des romans de fantasy. Mais dès le début, il y a eu des livres mêlant l’imaginaire à l’érotisme, ce qui me semblait une orientation originale. Elle a été conservée jusqu’à maintenant et reste la « patte » d’Artalys. C’est un nom qui fait vaguement référence au tout premier roman, Le mage de la Montagne d’Or, mais que j’ai surtout choisi parce qu’il me semblait joli. Il n’y a pas de signification à lui attribuer. Au fil des mois puis des années, j’ai jugé préférable d’élargir cette ligne éditoriale. La collection de romances a été ouverte pour accueillir Accord imparfaits de Rose Darcy.

DLeP : Merci pour cette petite présentation, vous avez même anticipé les 2 questions suivantes, je passe donc directement à la suite ! Si je ne dis pas de bêtises, en ce moment vous êtes seul aux rênes des éditions Artalys. Comment est-ce que cela se passe pour vous ? Vous pourriez nous décrire une journée ou une semaine type ?

S.P. : Pour le moment, je suis en effet seul aux commandes des éditions Artalys. Quoique j’aie trouvé une bénévole pour réveiller une collection qui sommeille en ce moment : celle des romances. Son rôle est essentiellement de trouver de bons manuscrits. Ceci dit, je continue à tout faire dans cette maison. Je lis et je corrige des textes, ce qui peut demander énormément de temps. Écrire des messages et répondre à ceux que je reçois peut prendre aussi du temps. Il y a notamment la communication avec la blogosphère. Je m’occupe du site Web et je rédige de temps en temps des newsletters. La publication d’un nouveau livre entraîne toujours les mêmes tâches. Il faut discuter de l’illustration avec l’auteur, demander à un illustrateur d’effectuer ce travail, ainsi que faire la maquette de la couverture du livre. C’est toujours moi qui fais la mise en page, donc qui fais la maquette de l’intérieur du livre. Cela donne deux fichiers pdf à envoyer à l’imprimeur. Dans le cas d’un livre numérique, je fais moi-même la conversion au format epub et je donne ce fichier à mon distributeur Immatériel. Il y a le résumé à mettre, ainsi que le nom de l’auteur et d’autres métadonnées. Il n’y a pas vraiment de journée ni de semaine-type. Une tâche importante est effectuée au début du chaque mois, quand Immatériel me donne le rapport des ventes effectuées durant le mois précédent. Il faut calculer à combien d’exemplaires s’est vendu chaque titre, et les droits d’auteur correspondants. Il faut également éditer la facture destinée à Immatériel.

DLeP : Comment choisissez-vous les manuscrits que vous allez publier ? Pouvez-vous me donner quelques chiffres sur le nombre de manuscrits que vous recevez/lisez par an ?

S.P. : Alors pour les manuscrits, c’est délicat parce que les soumissions sont fermées depuis bientôt un an. Ce qui devait être provisoire devient durable. Artalys est une petite maison qui ne devrait pas publier plus d’un roman par mois. Forcer le rythme des parutions, c’est consacrer moins de temps à chaque manuscrit et faire un travail de moindre qualité dessus. Les auteurs déjà publiés peuvent me proposer leurs nouvelles œuvres. Certains le font, d’autres se tournent vers d’autres éditeurs. Il n’y a pas de « clause de préférence » qui retient les auteurs chez Artalys. Une autre manière de trouver des manuscrits consiste à les chercher sur le Web. Il y a de très nombreux auteurs qui essaient de se faire connaître, voire qui s’autoéditent.

DLeP : Comment gérez-vous le « marketing » de votre maison d’édition ? Les blogueurs ont-ils un rôle à jouer ?

S.P. : Comme toutes les petites maisons d’éditions, nous n’avons pas accès aux médias. Pour les chroniques de livres, nous ne pouvons donc compter que sur la blogosphère. Nous utilisons également les réseaux sociaux, dont l’incontournable Facebook. La présence des livres numériques sur des dizaines de plateformes de téléchargement compte : elle nous donne de la visibilité. Un pourcentage important des ventes est dû à cette seule présence. La promotion des trilogies et des séries se fait selon une technique simple mais éprouvée. Le premier épisode est gratuit, si bien qu’il est abondamment téléchargé. Les lecteurs qui l’ont apprécié achètent alors la suite. Ce sont les ventes numériques qui font vivre la maison d’édition. La fabrication de livres imprimés est coûteuse et il est difficile de les vendre, puisque nous ne sommes pas présents en librairie. On peut passer commande sur le site web d’Artalys et Amazon marketplace. Autrement, les ventes se font lors de dédicaces en librairies ou en salons.

DLeP : La vie est rude pour les petites maisons d’éditions. Comment envisagez-vous votre avenir ? Quels seraient vos souhaits ? Et quels sont vos projets ?

S.P . : La vie est en effet rude. Pour continuer à vivre, il faut être prudent et saisir toutes les occasions qui se présentent. Nous continuons à faire imprimer des livres, malgré les risques que cela implique. Cela nécessite une participation active de l’auteur, puisque les ventes dépendent essentiellement de lui. Il y a un an, j’ai trouvé un petit diffuseur-distributeur en France, c’est-à-dire une entreprise chargée de démarcher des librairies, de leur envoyer et de leur facturer les livres. Mais elle vend tellement peu qu’elle a engendré plus de dépenses que de gains. A l’heure où j’écris ces mots, il semble que je puisse trouver un diffuseur-distributeur en Suisse, bien implanté dans ce pays. Les discussions sont en cours. Être présent en librairie, c’est l’idéal et c’est mon souhait, mais cela va demander des investissements. Je voudrais continuer à miser sur les e-books, mais la vente de certains textes est devenue impossible. Les nouvelles mélangeant l’érotisme au fantastique, qui ont fait les beaux jours d’Artalys, n’ont plus aucun succès. Cela est dû en grande partie au fait qu’elles se vendaient surtout sur Amazon, qui a changé les règles. La lecture illimitée par abonnement s’avère être une très mauvaise idée pour les auteurs et les éditeurs. Je relance en ce moment la collection de romances, laissée en sommeil ces derniers mois, grâce à une directrice de collection bénévole. Attendons pour voir si cela fonctionnera. Il est donc difficile de dire à quoi ressemblera l’avenir sur le long terme, mais les éditions Artalys continueront à fonctionner tant que je serai aux commandes, même s’il n’est pas exclu que le rythme des parutions soit diminué.

DLeP : Pour finir, dernière petite question pour notre interview : quelles sont les publications que vous conseilleriez à mes lecteurs pour découvrir les éditions Artalys ?

S.P. : Il est un peu difficile de répondre à cette question, puisque les conseils de lecture dépendent des goûts de chacun. Les textes ont des longueurs très variées, qui vont de la nouvelle de quelques pages au roman de cinq cents pages. Mais dans la collection Hors réel, vous pouvez commencer par la trilogie de Frédérique Arnould, La guerrière d’Argalone. Elle a été écrite pour un public plutôt jeune mais tout le monde peut la lire. C’est de la fantasy. Dans la collection Sentimental, nous avons un véritable chef-d’œuvre : Le temps d’un hiver de Jessica Lumbroso. Ce n’est pas exactement un romance, contrairement à ce que j’ai moi-même écrit sur la couverture, mais une réflexion sur la difficulté d’aimer. Autrement, je peux vous conseiller Constance et séduction de Jess Swann, une romance plus classique, et pour cause : c’est une adaptation contemporaine de Raison et sentiments de Jane Austen.
Dans le domaine érotique, nous avons une très longue série de S. Greem, Publicité pour adultes. En numérique, c’est une série de neuf épisodes, mais en papier, c’est une trilogie. Elle est en cours de parution et pourrait aussi être classée dans la catégorie Sentimental.
Dans les premiers temps, les éditions Artalys publiaient beaucoup de textes mélangeant l’érotisme et le fantastique (autres que de la bit-lit). Les publications de Claire DeLille en donnent de beaux exemples, et je conseille en particulier Sex-appeal. Celles d’Erika Sauw sont plus chaudes, pour ne pas dire crues, mais contiennent aussi de l’humour. Je cite La planète des femmes.
Je termine par un auteur qui a publié d’excellents textes dans les trois collections : Marie Laurent. On lui doit notamment une parodie de Cinquante nuances de Grey qui s’intitule Deux nuances de brocoli.

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Publié le 27/12/2015, dans Ce Mois-ci c'est..., et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

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